Au départ, disons les années 60's, il y avait la révolte, le jeu, l'utopie. Les mods cognaient sur les blousons en cuir noirs, Dylan chantait les temps qui changeaient & Morrison s'autoproclamait "polititien de l'erotique". Les enfants du rock etaient soit des mauvais garçons, soit des rêveurs psychédéliques à la Lennon (paix à son âme).
Puis Bowie est arrivé, qui a fait du chaos une esthétique, fin des idéologies & début du narcissisime.
Les punks voulurents sauver la baraque, en la cassant. Cela a fini à coups d'épingles a nourrice & les garçons coiffeurs de la new wave ont pris le dessus. Une certaine idée du rock s'est éteinte dans la froideur de Joy Divsion, l'ardeur des Clash, & la dignité des Smiths.
Depuis, le rock n'a cessé de s'adapter, de se mimer, de s'autocélébrer, pour devenir une machine à danser, a survivre & à prendre du fric.
Il s'est moralisé, a fait la charité, il a épousé toutes les causes sauf la sienne.
Aujourd'hui, le rock est partout & nulle part.*
Neutralisé, il s'est incarné dans des tragédies purement privées, le suicide de Kurt Cobain ou la toxicomanie de Pete Doherty. Le rock a fini par rassembler le monde qu'il voulais détruire.
Avant il rayait le parquet, maintenant il s'accroche a son dentier. Roxy & Police remettent le couvert. Jagger n'en finit plus de se goinfrer.
Seuls Iggy Pop & Springsteen croient encore a l'eternité.
Le rock n'a plus faim.
Dans la salle, les petits enfants sont obèses. Depuis 10 ans, l'energie vient des filles. Les rockeuses devraient refaire des bébés.

